|
|
Compte-rendu du séminaire Mathurin Cordier 2007 du 16 au 18 février, à St-Légier / Vevey, Suisse
Réalisé par Natacha Niklaus (de l’Allliance Pierres Vivantes. Suisse) Les photos sont consultables dans la galeries d’images sur le séminaire M.C 2007
VENDREDI soir
Introduction
Denis Rapin, directeur de l’Ecole APV en Suisse, introduit le séminaire en rappelant qu’il y a 13 ans, Luc Bussière avait déclenché une vague de bénédictions sur notre Eglise et notre région. Alors que nous pensions démarrer pas à pas, comme un petit filet d’eau, c’est une vague semblable à celle qui s’échapperait d’un barrage rompu qui a déferlé... Une vague de bénédictions dont nous voyons aujourd’hui le fruit chez les enfants, chez les jeunes qui suivent ou ont suivi leur scolarité chrétienne.
Puis nous chantons le chant «Lève une génération» qui ravive notre vision pour l’éducation chrétienne, en tant que parents, enseignants ou participants à cette tâche d’une quelconque manière. Tous prennent immédiatement part avec enthousiasme au temps d'adoration dans lequel le groupe de louange APV nous conduit.
Débuts et appellation du séminaire
Luc Bussière nous rappelle au préalable les débuts du séminaire en 1988 et la raison de son appellation : Au XVIe siècle, Mathurin Cordier est un homme de vision qui quitte le confort de l’enseignement universitaire pour enseigner les petits enfants. L’un d’eux s’appelle Calvin; il dira que ce qu’il a été, il le doit à cet homme. Quelqu’un pourra-t-il dire cela de nous?
Message de Luc Bussière
Puis il nous apporte un message passionnant sur «L’éducation et le conflit des sagesses». Dans le 2e commandement de Dieu, le terme « représentation » signifie : idole, idée. Dieu nous interdit de faire des interprétations (représentations) de l’histoire, de la géo, des sciences ainsi que de toute matière étudiée. Nous devons communiquer à l’enfant l’interprétation du Père sur sa création et l’équiper d’une sagesse qui vient d’en haut. Selon I Corinthiens 1 : 18-25, puisque le monde avec sa sagesse n’a pas connu Dieu, il lui a plu de le sauver par la folie de la prédication, par le moyen de la foi. C’est le fondement sur lequel la véritable sagesse peut fonctionner et amener la jeunesse à rejoindre le cœur du Père. Qu’avons-nous fait de la sagesse de Dieu? Sans en tenir compte (en plus du salut et de la sanctification), nous ne pouvons pas comprendre la raison d’exister des écoles chrétiennes.
SAMEDI matin
Après une introduction humoristique et un temps d’adoration conduit par d’anciens élèves de l’Ecole APV, Guy Zeller, d’Yverdon, en Suisse, nous apporte un message frais, profond et stimulant, riche en témoignages et imprégné de sa propre expérience de vie : «Voir l’enfant avec le regard de Dieu». L’orateur nous exhorte à ne pas être une occasion de chute pour les enfants : nous pouvons l’être à chaque fois que nous ne représentons pas le caractère de Jésus. Il ne s’agit pas d’être parfait, mais humble et authentique. Et c’est exactement ce qui émane de ce que Guy Zeller nous apporte. Il nous encourage également à aider l’enfant à parler à Dieu et à l’écouter directement. Malgré nos bonnes intentions, nous nous mettons parfois entre eux et Lui. Il nous partage l’expérience des «temps rabbiniques» d’étude de la Parole qu’ils vivent en famille, où chacun pose des questions aux autres pour les amener à creuser le texte biblique. Au travers du témoignage d’une épreuve dans la relation avec un adolescent, il nous invite finalement à ne pas mettre le tampon «problème» sur un enfant ou une personne avec qui nous avons de la peine, mais à demander à Dieu de nous le montrer comme Lui le voit : avec foi et espérance. Nous voyons les graines, Dieu voit les arbres...
Après la pause, place aux premiers ateliers :
- Diriger une école chrétienne – par Ted Boyce, orateur principal du séminaire 2007.
- L’art thérapie – par Rosane Laas et Bénédicte Triffault L’art-thérapie est l’art intégré au processus de soin. Elle vise à revaloriser la partie saine de la personne pénalisée par des troubles psychiques, somatiques, etc. (tout ce qui la pousse en avant : curiosité, intérêts) afin de réenclencher un processus d’expression et de communication. Le thérapeute cerne comment l’enfant perçoit le monde puis exploite de manière éducative, ludique et socialisante l’art avec des objectifs précis. Dans certains cas, seul le St-Esprit peut atteindre sa souffrance profondément enfouie. Parfois, l’oratrice prie simplement en langues pour lui et fait confiance au Seigneur qu’il agit. Certains enfants ne peuvent pas verbaliser ce qui se libère en eux et même l’art-thérapeute ne peut pas toujours le percevoir.
Bénédicte Triffault a notamment expérimenté qu’il ne faut pas toujours imposer une technique ou se bloquer avec des objectifs, dans l’enseignement des arts plastiques. Un jour elle a donné aux enfants une boîte à chaussures et le thème «Jésus regarde au cœur». Ils étaient libres d’en faire ce qu’ils voulaient. Ils ont décoré la boîte : belle à l’extérieur, moche à l’intérieur. Au temps d’évaluation, ils n’étaient pas satisfaits. Ils ont décidé de faire une 2e boîte, belle dedans, laide à l’extérieur. Puis ils on fait choisir entre les deux à leurs parents.
- Dyslexie, autisme : comment les détecter? – par A. Cecconello, M. Rindel et V. Fillatre Directrice d’une école chrétienne depuis 13 ans, Adeline Cecconello, s'est vue confrontée très tôt aux enfants dyslexiques (en commençant par certaines personnes de sa propre famille). Elle a eu donc à cœur de s’occuper d’enfants souffrant de ces difficultés, et après avoir demandé au Seigneur : «Que dois-je faire avec tel enfant ?», elle a reçu plusieurs directives qui ont suscité l'interêt des orthophonistes en contact avec certains élèves de l'Ecole de La Source. Elle a publié, en collaboration avec une orthophoniste, une méthode de lecture syllabique destinée au grand public comprenant une partie traitant des confusions les plus couramment rencontrées. Elle recommande de faire passer au plus vite un bilan complet (vue, ouïe, orthophonie, etc.) aux enfants présentant ce genre de troubles et de faire appel aux compétences de spécialistes pour les aider. Madame Fillâtre, elle, a fait ressortir le fait que l’apprentissage conjoint de plusieurs langues écrites est un problème pour le dyslexique. Il est préférable de concentrer les efforts sur la langue maternelle, en focalisant sur des objectifs précis et allégés. En orthographe, elle a suggéré de noter l’élève dyslexique sur les règles orthographiques apprises uniquement et, en rédaction, de le noter sur son récit oral, et de le mettre par écrit pour lui.
- Des limites pour nos enfants : l’art de poser un cadre dans l’éducation – par Joëlle Zeller. L’oratrice a surtout relevé la nécessité de donner un cadre aux enfants pour les sécuriser, permettre leur épanouissement et afin qu’ils puissent à leur tour exercer une saine autorité. Il faut que les qualités requises par Dieu, telles que la persévérance, le respect, la crainte de Dieu, l’amour, etc. soient intégrées par l’enfant petit à petit et dès son plus jeune âge, lorsque les limites sont claires et constantes. Elle a notamment mentionné quatre clés pour l’éducation : l’amour inconditionnel, l’humour, la cohérence et la prière.
SAMEDI après-midi
Après un bon repas, occasion de faire connaissance et de partager avec d’autres personnes impliquées dans l’éducation chrétienne, l’après-midi fait place aux seconds ateliers.
- Conduire l’enfant dans la présence de Dieu – par Guy Zeller. L’orateur a insisté sur une vision globale de l’adoration : temps d’intimité avec Dieu et style de vie au quotidien. L’un des aspects n’a pas de valeur sans l’autre.
Il faut enseigner l’adoration au quotidien et d’une manière concrète (développer un esprit de service, prier pour les choses de la vie courante, tout faire pour la gloire de Dieu). Il faut également enseigner l’adoration intime (le caractère de Dieu, la puissance d’adoration des enfants : Ps. 8). Aspects pratiques : adapter l’adoration à l’âge de l’enfant, être conscients de l’influence de la famille et de l’Eglise : les enfants reproduisent ce qu’ils voient et entendent, enseigner l’écoute de Dieu, etc.
- Transmettre les bases de la foi aux enfants et leur donner des outils pour les partager avec leurs amis (présentation d’un programme de formation E.E. Kids) – Joëlle Zeller Joëlle Zeller a présenté de façon très dynamique ce cours d’évangélisation explosive destiné aux enfants : sketch de l’œuf pourri, divers bricolages faisant partie du cours. E.E. Kids est destiné aussi bien à des enfants chrétiens (sorte de catéchisme de base) qu’à des non-chrétiens, puisqu’il les amène devant un choix, par rapport à leur relation avec Dieu. Sa force est de poser un fondement et de donner le moyen de le transmettre à d’autres enfants, tout en étant utilisable au quotidien. Une formation sur ce cours est organisée en Suisse, du 26 au 28 mai 2007. Pour ceux qui désirent en savoir plus, consultez le site : www.EExplosive.ch
- Nos écoles et la vision missionnaire – par Ted Boyce Ted Boyce nous a rappelé les buts principaux de la vie et de l’éducation chrétienne en insistant sur le passage de I Pierre 4 : 10-11, ainsi que quelques principes essentiels : Selon Ephésiens 2 : 10, Dieu nous appelle en ce moment à l’endroit où nous sommes, pour accomplir ses desseins. / Un enseignant non chrétien ne peut rien enseigner dans une perspective chrétienne.
/ Un chrétien doit démontrer la grâce en tout (Tite 2et 3), se montrer digne de son appel (Eph. 4 : 1-2) et craindre Dieu (I Pierre 1 : 17) / S’engager dans la mission développe le leadership. / Pour grandir dans l’humilité, nous devons répondre aux besoins des autres avant les nôtres (Phil. 2 : 6-11). Le but de notre école doit être que chaque enfant qui y passe se convertisse et serve dans la mission.
- Les écoles chrétiennes, une vision – par Luc Bussière
Note : Nous n’avons pas décrit les ateliers auxquels nous n’avons pas pris part.
Les pauses sont l'occasion de visiter les stands des écoles représentées
Après la pause, Ted Boyce nous a exhortés, lors de la 3e session plénière, à tourner nos regards vers le monde, à oser prendre des risques, à sortir de nos sécurités culturelles et sociales, bref, à répondre à l’appel de Dieu pour servir les autres : à nous élargir au-delà de notre communauté locale. Il nous a transmis le message qui est sur son cœur : que chacun fasse de «l’Ecole chrétienne : un outil pour toucher les nations».
Samedi soir.
Après un délicieux buffet froid, place à la 4e session plénière. Robert Newton introduit Paul Schoop, directeur de l’Institut Biblique et Missionnaire Emmaüs, qui accueille le Séminaire Mathurin Cordier 2007. Paul Schoop nous rappelle la vocation de ce centre, situé à St-Légier, sur les hauts de Vevey depuis 1967, et les possibilités variées de formation qu’il offre.
Jean-Louis Gaillard, pasteur de l’Eglise Protestante Evangélique de Chaville, en région parisienne, présente courtement l’Ecole du Rocher, créée en septembre 2005, celle de Bobigny (2006) ainsi que l'Association L’école pour demain en francophonie, qui œuvre à la promotion d’ACE en France. ACE est une méthode pédagogique de maîtrise de connaissances en accord avec l'Évangile. Ce système d’apprentissage individualisé a notamment pour principe de récompenser les progrès de l’enfant. A l’Ecole du Rocher, la récompense est de prendre un café avec le pasteur. Puis vient le tour d’Eric Tendon, directeur de l’Ecole chrétienne l’Arbre de vie, à Neuchâtel, en Suisse, de présenter Instruire.ch, l’Association des écoles chrétiennes de Suisse romande. Il décrit ses différentes activités, dont notamment les joutes sportives annuelles (dernières en date : les Watergames 2006, au bord du lac de Neuchâtel), des cours inter-écoles ainsi que des journées de formation pour les enseignants. Il relève le dynamisme créé par cette collaboration et la mise en commun des forces de chacun.
Le second message de Luc Bussière vient encore enrichir cette soirée : «La transmission de la sagesse et l’éducation». Nous devons avoir la vision de former pour la renommée de Dieu dans notre pays (I Chroniques 22 : 5) et pour l’éternité. Il mentionne Coménius qui ne vit pas les promesses de Dieu s’accomplir, mais dont la vie eut un impact sur les générations après lui. Il cite des réformateurs tels que Bucer, Sturm, Farel et Otto Binder qui tous mettent le poids sur le fait que l’enfant doit être éduqué dans la crainte de Dieu. En tant que pédagogues, nous devrions faire la prière de Salomon : demander la sagesse par-dessus tout. Il nous exhorte enfin à être comme Mardochée qui se tenait à la porte pour s’enquérir d’Esther et nous demande si, nous aussi, nous guettons les complots de mort qui se préparent contre nos enfants. Comme Mardochée a refusé de faire la moindre courbette devant Haman, nous ne devons pas non plus nous incliner devant le système éducationnel de ce monde.
DIMANCHE
5e session plénière
Après un dernier temps de louange, Guy Zeller nous apporte un nouveau message percutant : «Le rôle de la famille pour préparer la prochaine génération» ou «Restaurer l’église domestique» (terminologie de l’Eglise primitive). Il exhorte les parents à redevenir les principaux éducateurs de leurs enfants, sans se décharger de cette tâche qui leur revient sur l’Eglise (pasteurs, responsables de l’école du dimanche). Obed-Edom recueillit l’arche de l’alliance dans sa maison (gloire de Dieu) et vit sa descendance servir l’Eternel. Il faut que la gloire de Dieu revienne dans les familles. Dieu bâtit son Royaume sur : l’individu, la famille, l’église et la nation. Si la famille est fragile, l’église sera fragile. Des églises saines soutiennent leurs familles dans leurs responsabilités. Dieu a appelé Adam à porter l’image de Dieu, remplir la terre et régner… en commençant par son propre jardin (étym. : abad = servir, faire fructifier / chamar = mettre une barrière autour). Il faut impliquer les enfants dans les aspects concrets, la prière et les décisions de la famille, afin de former une équipe solide.
Temps de témoignages et prière
Patrick Zumello nous présente sa dernière portion de prise de notes sous forme de caricatures. Puis nous entendons le responsable de l’Ecole Guillaume Farel de Belfort qui se rappelle les mots de Luc pour l’«encourager» à démarrer une école… il illustre les difficultés rencontrées par quelquesextraits de bagarres douloureuses tirées d’Astérix. Puis Gabrielle nous relate les miracles que Dieu a réalisés pour que l’Ecole des Cèdres puisse voir le jour en Belgique; quel encouragement! Nous prions encore pour deux autres projets d’écoles en Belgique, dont l’Arche. Colette Quenot, directrice de l’Ecole L’Oliveraie, à Strasbourg, fait avec humour une «annonce d’offre d’emploi» pour repourvoir son poste : «en dessous de dix candidats, entretiens individuels, au-delà, examen!» Elle est gravement atteinte dans sa santé; nous prions pour elle. Christine Schober de Genève s’apprête à rejoindre une petite équipe missionnaire à Agadez, au Niger, où elle prendra la responsabilité de l’école primaire. Nous prions pour elle et pour que leSeigneur suscite une enseignante qualifiée pour l’épauler. Bernhard Reiss nous présente l’historique de l’Ecole primaire El Kallaline de Tunis, dont il est le gérant. Il a le projet de voir doubler le nombre des élèves d’ici à la rentrée 2007 : de 220 à 380. Pour cela, il recherche des enseignants en français. Toute personne désirant visiter l’école est la bienvenue.
Remerciements
Luc Bussière remercie toutes les personnes qui ont participé à l’organisation du séminaire 2007 – 1re «cuvée» suisse, en particulier les trois co-organisateurs suisses Claude-Alain Stuby, directeur de l’Ecole du Potier à Oron, Eric Tendon, directeur de l’Ecole l’Arbre de vie à Neuchâtel et Denis Rapin, directeur de l’Ecole APV à Payerne et également les animateurs d’ateliers, les orateurs, Manuela Bussière, pour tout le travail des inscriptions, ainsi que le Comité de l’AESPEF.
Autres contributions à souligner : Ecole La Bergerie – décoration et traduction Ecole Aquarelle – aspects techniques Ecole Timothée – service cafétéria Association APV – louange et sonorisation
Ce séminaire était une riche bénédiction pour tous ceux qui y ont participé. Merci à chacun, cité ici ou non, qui a permis qu’il ait lieu…
Textes Natacha Niklaus
Les CD d'enregistrement des sessions plénières et des ateliers sont à commander à : AESPEF, 15, Avenue Maréchal Foch. 68500 Guebwiller. Il y a un CD qui comprend toutes les sessions plénières, et 1 CD comprenant la majorité des ateliers.
 |